lethanol

Port Morant 1974 - Sherry wood - 46 % - Moon Import - 2004

Le passionné le sait bien, il y a eu de nombreux embouteillages de rhums des années 70 provenant du Guyana, et les rechercher tous est une quête arthurienne. Pour ne pas nous simplifier la tâche, ils ont pour la plupart été embouteillés au tournant du siècle dernier et je n'aborderai pas la question du prix de telles bouteilles

Pour les curieux, nous avons déjà eu a faire à deux Demerara de 1974. Le rattrapage se passe ici et là .
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Moon import est essentiellement connu pour ces anciens embouteillages dont la rigueur laisse parfois à désirer, ne connaissiez -vous pas le fameux "Rum agricol" du Guyana ? Ou encore cette volonté de faire systématiquement passer les rhums par la case Sherry Wood.

Le vieillissement 30 ans est continental, avec un embouteillage effectuer par Brae Dean (il est très courant pour les négociants italiens de sous-traiter la mise en bouteille aux écossais ou aux anglais). 
Il existe également une mise 2005.

Le nez s'ouvre cette note typique de crème un peu trop brûlée ou de caramel raté, puis le vin de noix , marmelade d'orange amère. Du bois humide, tellement que ça devient plaisant, comme certains thés Pu'er qui sentent le champignon. De la réglisse et un je ne sais quoi de tropical. De la livèche oter maggikrut pour les alemanophones. 

C'est incroyablement fruité en bouche, de la poire, de l'ananas - trop mur - , de la banane flambée, du vin ... de Madère et non de Xérès, et quelque chose que je sens rarement le salé-acide des légumes en saumure, la vraie saumure, pas comme les cornichons au vinaigre que personne ne mange aux soirées raclette hein, si je rajoute les notes de mirabelle ça donnerait des Umeboshi. 


Finale sans fin, papaye séchée - que je trouve aussi typiquement sur les vieux jamaïcains de chez Long Pond -. Légère amertume genre café robusta ou cacao. Un peu de menthol ?


Ces petits morceaux d'histoire sont à chaque gorgée un plaisir de complexité et d'harmonie. Le genre d'histoire qu'on aime entendre encore et encore. 91/100