lethanol

La Grenadine à Maurice

#emperor , #horror in the glass , #maurice

Ayant consacré une partie de mon cycle universitaire à la protection du savoir traditionnel, je suis toujours ému de voir à quel point le rhum sait garder ses savoirs en vie et  les revitaliser, sans même aborder la multitude d’initiatives artisanales de par le monde.

 

Nous parlerons aujourd’hui de la confluence des savoir-faire, de rhum, de jerez, et de l’île Maurice,  chacune de ces notions renvoyant à un imaginaire particulier, emprunt d’exotisme, de soleil et de rêve.


Voici quelques illustrations:

ile-maurice
cave-de-jerez


Je pense que nous sommes d'accord ; de ces univers, certains ont su tirer le meilleur pour créer des spiritueux remarquables.


Mais d’autres ont choisi de mélanger tout cela pour créer un produit d’exception !

Exceptionnel car il arrive à cracher sur le rhum, le jerez et l’île Maurice toute entière. En même temps.

 

Vous l’aviez deviné, nous parlons du Emperor Sherry cask !

Un peu de technique ; cet assemblage est un mélange de 40% de rhum agricole de chez Saint-Aubin et  60% de rhum de mélasse venant de chez Oxenham, la distillerie Medine serait aussi un fournisseur.  Il est légèrement sucré à 12-15 gr/L, au moins sommes nous mis au courant.


Emperor sherry cask



La mercatique est rodée,  on nous vend de la tradition, de la canne coupée à la main, du fût de chêne «  majoritairement français » et 58 fûts de fino qui ont permis le fameux finish.


 


Le goût n’est pas universel, et  nous avons, heureusement, chacun le notre. Ainsi la critique n’est pas tournée vers celui qui aime cette boisson, ni vers les distilleries d’origine, mais vers la marque et ce qu’elle incarne. Je ne juge jamais un livre à sa couverture, ma soyons sérieux, entre l’emballage qui imite Diplomatico et le nom qui surfe sur les Presidente, Dictador, etc. Le simple fait de souhaiter jouer face à ces produits nous prouvent déjà qu’offrir de la qualité au consommateur ne fait pas partie du projet.

 


D’un point de vue organoleptique maintenant, au nez nous sommes sur des notes de maquillage, de gloss sirupeux et  chimique, de l’arôme de fraise chimique et de la barbe à papa chimique. Ca fait beaucoup de chimique dans une bouteille de seulement 70


En bouche une vanille grossière, une sensation enveloppante de glycérine, et une grenadine de bas de rayon….


Au moment où la Dgccrf mène l'enquete sur la composition des rhums et emet des avertissements à des marques bien connues, que le grand public prend conscience qu'il a été floué et pris pour un idiot, il convient pour les acteurs du milieu de se poser la question du bien fondé d'un lancement de produit dans ce style. Salir son image sur la longueur pour une entrée d'argent éphémère semble chaque jour plus surprenant dans un marché qui arrive à maturité.




 


30/100 pour l'effort de production et pour nous avoir permis de découvrir un condensé de tout ce qu'il ne faut pas faire.