lethanol

Eaux-de-vie du Portugal: le Medronho,

#eau de vie , #medronho , #aguardente , #portugal , #artisanal

Comme tout amateur de spiritueux en voyage, je ne peux m’empêcher de poser LA question


Qu’est ce qu’on boit ici ?


Le Portugal est un pays qui s’encre dans la grande tradition de la vigne, et je fais confiance à la culture de mes lecteurs sur le sujet des vins portugais. Il se trouve également les deux alcools de vin typiques de toute région viticole.

Le marc, ici appeler aguardente bagaceira - eau-de-vie de bagasse.
Et la fine, aguardente vínica - eau-de-vie de vin.

Mais il existe également une vraie culture de l’eau de vie de fruits au Portugal. C’est notamment un des seuls pays européens à autoriser la distillation domestique.

Pomme, poire, cerise, figue et … Medronho.

Et c’est ce dernier qui nous intéressera aujourd’hui, connu comme arbouse chez nous ( rien a voir avoir l’arGouse) son nom latin est Arbutus unedo.

Sa distillation est typique dans l’Algarve et dans l’Estrela. 

J’ai rapporté la production d’ Ernesto Luz, distillateur à Marmelete, ici pour voir des photos. 

Production ? Moins de 2000L par an avec la méthode la plus artisanale possible.

C’est une eau de vie légère et passé le premier éclat de solvant c’est une curiosité. On y retrouve des notes typique de fruits à pépin, à mi-chemin entre la poire et le coing, et un peu d’acidité type cerise ou merise… Des fleurs capiteuses, du mimosa, de l'herbe fraichement coupée. Je n’en ai pas la confirmation mais c’est une fermentation que j’imagine longue car on retrouve cette prégnance des notes secondaires, mais non pas sur la levure, mais sur l’infection bactérienne. Peut être est-il mis en fermentation pour distillation l'année suivante ?

Une grande douceur en bouche. L’alcool est très bien intégré, on retrouve ce que le nez laissait entrevoir, un aspect hybride plaisant, le fruit acide, un peu de noyaux mais le fruité est malgré tout un trop discret.

Finale courte sur le bâton de réglisse, un léger gout de cuivre un peu déplaisant.

Le nom latin de l’arbousier éclairera beaucoup cette critique. Unedo signifie « qu’on ne mange qu’une fois » car le fruit est si banal qu’on ne souhaite pas y revenir … Et l’impression est un peu la même ici. J’apprécie la rusticité et tous les petits défauts inhérents, c’est une forme de charme et de caractère, le gout de la tradition en quelque sorte. 
Le gros manque se trouve sur la fougue et la fraicheur, la faute je pense à la fermentation trop longue. 
Cependant c'est un alcool que je verrai bien accompagner un repas grâce a cette finale courte, notamment des crevettes ou des coquillages juste poêlés.

81/100

Je tenterai de vous présenter d'autres producteurs bientôt.